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51 % des arrêts longs chez les jeunes sont liés à la santé mentale. Et si on s'attaquait enfin aux vraies causes ?

  • Photo du rédacteur: Wanda Laurent
    Wanda Laurent
  • 2 juin
  • 2 min de lecture

Un chiffre m'a arrêtée net cette semaine.


En 2025, 51 % des arrêts de travail longs chez les moins de 30 ans sont liés à des troubles psychologiques : burn-out, dépression, anxiété sévère, stress chronique. En 2022, c'était 42 %. En trois ans, la courbe n'a fait que monter. Pour les hommes comme pour les femmes.

Ce n'est pas une dérive. Ce n'est pas de la fraude. C'est un signal d'alarme que notre société continue de mal lire.


Le mauvais procès fait aux salariés


Le gouvernement parle d'« abus », de « comportements abusifs », de trajectoire « explosive ». Des mots qui pointent les individus.

Mais les chercheurs pointent autre chose : la dégradation des conditions de travail, l'intensification, la précarisation, la disparition progressive des instances de protection. Rémy Ponge, sociologue spécialiste de la santé au travail à l'université d'Aix-Marseille, est formel : aucune étude ne met en évidence une multiplication des arrêts injustifiés.

Les versements abusifs détectés en 2024 ? Une proportion infime du total.

Alors pourquoi continue-t-on à chercher la fraude plutôt que les causes ?


Ce qui me frappe particulièrement : la jeunesse de certains


Certains de ces jeunes ont à peine 20, 25, 28 ans. Ils entrent dans la vie professionnelle avec des contrats précaires, une pression immédiate à performer — et s'effondrent avant même d'avoir trouvé leur place.

Les données de l'assureur AXA, qui couvrent 3 millions de salariés, sont sans équivoque : la hausse des arrêts longs est portée par les atteintes à la santé mentale. Burn-out, dépression, anxiété sévère, stress chronique. Des souffrances réelles. Pas des stratégies.


Agir sur les causes profondes, pas les symptômes


Le dispositif Mon Soutien Psy, c'est un premier pas. Mais on agit peu sur les causes profondes.

Pour les profils neuro-atypiques — TDAH, bipolaires, hypersensibles — ces causes sont souvent :

  • Un métier qui ne correspond pas à leur fonctionnement réel, choisi sous pression ou par défaut

  • Une identité professionnelle construite sur la sur-adaptation plutôt que sur leurs vraies forces

  • Des années à compenser, masquer, tenir — jusqu'à l'épuisement complet

C'est exactement là qu'intervient le Bilan de Compétences et en particulier le Bilan Talents Neuro-Atypique. Pas pour « réparer » quelqu'un qui serait « cassé ». Mais pour aider à se reconnecter à ce qu'on est vraiment, identifier ses forces réelles, et construire une trajectoire professionnelle qui nous ressemble.


Ce que ces chiffres nous disent vraiment


51 % des arrêts longs chez les jeunes liés à la santé mentale, ce n'est pas un problème de volonté individuelle.

C'est un problème de désalignement — entre des êtres humains et un monde du travail qui ne les a pas pris en compte.

La réponse ne peut pas être uniquement médicale ou répressive. Elle doit être préventive, humaine, et orientée vers les forces.


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Source : « Pourquoi la hausse des indemnités des arrêts de travail ne s'explique pas par les "abus" », Le Monde, juin 2026 — données AXA Datascope 2026, Assurance maladie, INSEE. Lien article : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/06/01/pourquoi-la-hausse-des-indemnites-des-arrets-de-travail-ne-s-explique-pas-par-les-abus_6695846_4355770.html

 
 
 

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